En bref. La rentabilité d'une installation solaire ne dépend plus des aides, mais de ce que vous ne payez plus à votre fournisseur. Depuis le 5 juin 2026, la prime à l'investissement a disparu et le surplus est racheté 1,1 c€/kWh, soit près de vingt fois moins que le prix d'achat de l'électricité. Autrement dit : un kilowattheure consommé chez vous vaut environ 0,20 €, le même kilowattheure vendu vaut environ 0,011 €.
Ce qui a changé le 5 juin 2026
L'arrêté du 1er juin 2026, qui modifie l'arrêté tarifaire S21, a changé les règles pour toute demande complète de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026 :
- Un tarif d'achat unique de 1,1 c€/kWh pour les installations jusqu'à 100 kWc, en vente de surplus comme en vente totale.
- Plus de prime à l'investissement. Elle n'existe plus pour les nouvelles demandes.
- Une indexation de 2 % par an pendant les 20 ans du contrat, à la place de l'ancienne révision trimestrielle. Le tarif atteint ainsi 1,31 c€/kWh la dixième année et 1,60 c€/kWh la vingtième.
- La vente en totalité n'est plus soutenue pour les installations de 9 kWc ou moins, et ce depuis le 28 mars 2025.
Source : photovoltaique.info, le site de référence sur le photovoltaïque en France, animé par l'association Hespul. Page consultée le 16 septembre 2026. Les installations raccordées avant ces dates conservent les conditions de leur contrat.
Beaucoup de simulateurs en ligne raisonnent encore avec l'ancienne prime et un tarif de rachat de plusieurs centimes. Leurs temps de retour sont donc trop optimistes.
Comment se calcule l'amortissement
Gain annuel (€) = Autoconsommation (kWh) × Prix du kWh + Surplus (kWh) × Tarif d'achat
Le temps de retour est l'année où le cumul de ces gains dépasse ce que vous avez payé. Le simulateur projette 20 ans, la durée du contrat d'achat, en tenant compte de deux dérives lentes : la perte de rendement des panneaux, d'environ 0,5 % par an selon les garanties courantes, et la hausse éventuelle du prix de l'électricité, que vous fixez vous-même.
Le calcul reste volontairement dépouillé. Il ne compte ni l'entretien, ni le remplacement de l'onduleur, souvent nécessaire entre la dixième et la quinzième année, ni la valeur ajoutée au logement à la revente. Il n'actualise pas non plus les montants : 100 € économisés dans quinze ans y comptent autant que 100 € aujourd'hui.
L'autoconsommation décide de tout
Avec un surplus racheté 1,1 c€/kWh, vendre n'apporte presque rien : mille kilowattheures envoyés sur le réseau rapportent 11 €. Les mêmes mille kilowattheures consommés chez vous, à 0,20 €, en valent 200. Toute la rentabilité se joue donc sur la part que vous consommez au moment où elle est produite.
Trois leviers, par ordre d'efficacité : décaler les usages (lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau, recharge de voiture) en milieu de journée ; dimensionner l'installation sur votre consommation plutôt que sur la surface de toit disponible ; et seulement ensuite envisager une batterie, dont le coût s'ajoute à l'investissement.
C'est aussi pourquoi une orientation est ou ouest, qui produit un peu moins mais plus tôt le matin ou plus tard le soir, peut se révéler plus intéressante qu'une orientation plein sud si vous êtes absent à midi.